La stérilisation qu'est ce que c'est

Prendre la décision de faire stériliser sa chienne peut parfois s’avérer plus compliqué qu’il n’y paraît. Entre les nombreux avantages et certains inconvénients tout autant importants de cet acte, comment parvenir à prendre la décision pour son animal ? Cet article se veut à but informatif, listant de manière neutre tous les atouts et les désagréments potentiels de cette intervention chirurgicale, afin que chacun puisse se décider en fonction de sa chienne. 

3 chiens couchés dans l'herbe
Stérilisation et castration du chien : avantages et inconvénients

Définition de la stérilisation

La stérilisation est l’opération chirurgicale consistant à retirer les ovaires (ovariectomie) chez la chienne afin qu’elle ne puisse plus reproduire. (Pour le mâle, on parlera plutôt de castration.) Cette opération est irréversible. Elle se pratique sous anesthésie générale

Elle est obligatoire pour les chiennes de catégorie 1. 

Parfois, les vétérinaires devront pratiquer une ovario-hystérectomie (retrait de l’appareil génital complet : ovaires et utérus) lorsqu’une pathologie de l’utérus est détectée. 

Processus de l'intervention chirurgicale de la stérilisation

Comment se déroule l’intervention ? La chienne doit être à jeun depuis la veille au soir, c’est-à-dire qu’elle pourra boire et manger le soir précédent l’intervention. A partir de 20 heures environ il faudra lui retirer la gamelle de nourriture. 

Le lendemain matin, la chienne sera déposée chez le vétérinaire qui la préparera pour l’intervention. Une injection intramusculaire de prémédication viendra précéder la pose d’un cathéter intraveineux qui permettra l’injection d’anesthésiant. La chienne sera ensuite intubée et surveillée par moniteur respiratoire

L’opération pourra être effectuée de deux manières différentes : 

Par laparotomie : une incision est réalisée soit sur la paroi abdominale de l’animal, le long de la ligne blanche (appelée aussi ligne médiane), soit  de chaque côté des flancs de la chienne, afin d’atteindre les organes. En fonction, la zone concernée sera tondue puis nettoyée et désinfectée

Par laparoscopie : plus rare, cette intervention est réalisée par les flancs de l’animal, où le matériel de chirurgie ainsi qu’un optique seront passés par 2 petites incisions. Le chirurgien vétérinaire pourra ainsi opérer « à distance », guidé par la caméra. 

Déroulement de la laparotomie : 

  • Après préparation et anesthésie générale, la chienne est placée en décubitus dorsal (elle est allongée sur le dos) si l’opération se déroule par la ligne médiane. Elle sera couchée sur le côté si l’opération se déroule par les flancs. 
  • Une incision de la peau puis du plan musculaire, appelée laparotomie médiane, est pratiquée sur son abdomen, allant de l’ombilic (nombril) au pubis afin d’exposer les organes.
  • Le vétérinaire pourra ainsi procéder au retrait de chacun des 2 ovaires. 
  • Le plan musculaire puis la peau sont ensuite suturés. 
  • L’opération dure environ 1 heure. 
  • Une injection d’anti-inflammatoires et antibiotiques est réalisée, pour un effet sur plusieurs jours. Cela permet de ne pas prescrire de médication, sauf si l’intervention a eu lieu sur une chienne souffrant de pathologie (pyomètre, etc…) 
  • Puis la chienne est placée dans un box, sous lampe chauffante le temps de son réveil, avec une collerette placée autour de son cou pour éviter qu’elle lèche la zone d’intervention. 
  • Elle sera rendue à ses propriétaires une fois bien réveillée, la plupart du temps en fin d’après-midi. 
  • Il faudra environ 12 à 14 jours de cicatrisation avant le retrait des points. 

Déroulement de la laparoscopie : 

Appelée aussi cœlioscopie, endochirurgie ou chirurgie abdominale non-invasive, la laparoscopie permet d’accéder aux organes sans inciser la paroi abdominale.

  • Deux petites incisions sont réalisées sur chacun des flancs de la chienne. 
  • Une « optique », reliée à une caméra, est insérée dans la paroi abdominale par l’une de ces incisions. Elle permettra au chirurgien vétérinaire de voir les organes depuis ce petit « télescope ». 
  • Du gaz carbonique est introduit dans la cavité abdominale pour la soulever, permettant au chirurgien vétérinaire d’avoir de l’espace pour visualiser ses instruments. 
  • Les instruments chirurgicaux (pinces, ciseaux, suture…) sont ensuite insérés dans les trocarts, eux-mêmes positionnés dans la seconde incision. Les trocarts sont de grosses aiguilles creuses de 5 à 10mm de diamètre. Ils servent de « guide » aux instruments. 
  • Le vétérinaire pourra procéder au retrait des ovaires (un par flanc) aidé par le télescope chirurgical. Seuls les instruments stériles seront donc au contact des organes. 
  • Puis, les plaies sont suturées. 
  • Une injection d’anti-inflammatoires et antibiotiques est réalisée. 
  • Comme pour la laparotomie, la chienne sera placée dans un box sous lampe chauffante le temps de son réveil. 
  • Elle sera rendue à ses propriétaires une fois bien réveillée, la plupart du temps en fin d’après-midi. 
  • Il faudra environ 12 à 14 jours de cicatrisation avant le retrait des points. 
Avantages habituellement listés de la laparoscopie : 
  • Récupération qui semble plus rapide. . 
  • Chirurgie moins invasive
  • Diminution du risque de complications, y compris au niveau des cicatrices. 
  • Diminution des saignements. 
  • Diminution du risque d’infection. 
  • Meilleure visualisation des structures internes pour le praticien. 
  • Cicatrices presque invisibles. 
Inconvénients habituellement listés de la laparoscopie : 
  • Intervention beaucoup plus onéreuse que la laparotomie
  • Elle nécessite une formation spécifique pour le chirurgien vétérinaire. 
  • Du matériel médical spécifique est exigé. 
  • Le vétérinaire doit être assisté d’un aide médical ou d’un second vétérinaire
  • Tous les vétérinaires ne la pratiquent donc pas. 
Petit chien dans un pré
Stérilisation de la chienne processus

Avantages et inconvénients de la stérilisation pour la femelle

La stérilisation de la chienne est un acte chirurgical souvent qualifié de chirurgie de convenance, c’est-à-dire pour éviter par exemple les fugues de son animal, les taches de sang durant les chaleurs, etc… Elle est aussi souvent réalisée à titre préventif afin de limiter les risques indiqués ci-après. 

Voyons les avantages et les inconvénients habituellement listés. 

Avantages de la stérilisation

  • Suppression des chaleurs : donc suppression des pertes de sang, des visites de mâles du voisinage, et des fugues potentielles de la chienne, ainsi que les cystites bactériennes que certaines chiennes peuvent déclarer après leurs chaleurs. 
  • Diminution de l’agressivité : trouble de l’humeur constaté sur certaines chiennes durant leurs chaleurs et qui à lieu envers les autres femelles. 
  • Plus de risque de gestation non désirée : donc suppression des risques d’anomalie de mise bas (dystocie). 
  • Élimine le risque d’infection de l’utérus (pyomètre, aussi appelé métrite) : c’est une accumulation de pus dans l’utérus qui peut survenir 6 à 8 semaines après les chaleurs de la chienne. Il s’agit d’une urgence vétérinaire. 
  • Réduction de l’incidence de tumeurs mammaires (cancer des glandes mammaires) : le risque de cancer mammaire est pratiquement nul chez la chienne stérilisée avant ses premières chaleurs. 
  • Supprime le risque de tumeurs ovariennes : le fait de retirer les ovaires supprime totalement le risque de développement d’un cancer des ovaires. 
  • Supprime les risques de grossesse nerveuse (ou « lactation de pseudo-gestation ») : cette pathologie comportementale peut rendre la chienne irritable voir agressive. Elle se comportera comme si elle avait mis bas et cela peut la perturber. La sécrétion lactée peut également provoquer une inflammation des mamelles voir même une mammite (infection mammaire). 
  • Diabète sucré : l’ovariectomie est souvent conseillée voir obligatoire en cas de diabète sucré déclaré, car les hormones ovariennes ont un effet sur l’insuline, qui sera utilisée en traitement. 
  • Évite la reproduction d’animaux présentant des maladies héréditaires. 

Concernant l’ovario-hystérectomie, la stérilisation est pratiquée à titre curatif du système génital (et non plus préventif) : par exemple en cas de métrite, pyomètre, kystes ovariens, tumeurs, etc… 

Inconvénients de la stérilisation

  • Prise de poids : la prise de poids après la stérilisation peut atteindre +20% en moyenne. Elle varie en fonction des races et d’un individu à l’autre, il faudra être particulièrement vigilant sur les races présentant des prédispositions génétiques à l’obésité, tel que le Labrador. Une alimentation adaptée sera nécessaire, ainsi qu’une activité physique régulière. Concernant l’obésité, elle augmente le risque d’autres maladies comme le diabète sucré, l’arthrose ainsi que les calculs urinaires, l’animal en surpoids se déplaçant peu, même pour boire. 
  • Incontinence urinaire : le risque après une stérilisation est de 4 à 20%. Il est influé par la chute hormonale (œstrogène) provoquée par la stérilisation, qui diminue la compétence musculaire du sphincter. Ce risque est augmenté en cas de stérilisation avant l’âge de 3 mois. Ces fuites peuvent apparaître tôt dans la vie de la chienne, vers 4-6 ans, les femelles de plus de 20kg étant prédisposées, tout comme certaines races (Boxer, Rottweiler, Setter Irlandais, Bobtail, Doberman, Schnauzer géant…). Un traitement médicamenteux efficace existe mais il sera prescrit à vie. Une autre cause constatée de l’incontinence urinaire est un raccourcissement de l’urètre qui fait prendre à la vessie une position pelvienne : lorsque la chienne se couche, la pression exercée est alors plus importante sur la vessie, se qui déclenche les fuites. 

Plus sujets à controverse, d’autres inconvénients sont parfois listés : 

  • Risques de cystites : en cas de stérilisation précoce, la modification de l’aspect des organes génitaux externes peuvent favoriser une inflammation et une infection locale du pourtour de la vulve, avec une infection urinaire (cystite) liée. 
  • Pathologie ostéo-articulaire : chez les grandes races, la stérilisation précoce (pré-pubère / avant 11 mois) ralentit la fermeture de la plaque de croissance, fragilisant les os longs. Cette anomalie de croissance double le risque de laxité ligamentaire à l’origine d’une Rupture du Ligament Croisé Antérieur (RLCA), ou d’une pathologie des coudes ou des hanches (dysplasie). Cela est encore plus observé en particulier en cas de surpoids. Certaines races sont prédisposées (Akita Inu, American Staffordshire Terrier, Mastiff, Golden Retriever, Labrador…). 
  • Augmentation des risques de maladies : une étude de 2013 réalisée par les chercheurs de l’Université de Californie Davis met en avant certains constats concernant 5 maladies : la dysplasie de la hanche, la déchirure du ligament croisé crânial, le lymphosarcome, l’hémangiosarcome et les mastocytes. L’étude, réalisée sur 759 Golden Retrivers (race largement répandue aux États-Unis), les a classés en 3 groupes : chiens entiers, chiens stérilisés avant 12 mois, chiens stérilisés après 12 mois. Les résultats révèlent que les taux de maladies sont significativement plus élevés chez les mâles et les femelles stérilisés que chez les animaux entiers. Les résultats en bref :
      •  aucun cas de rupture du ligament croisé crânial diagnostiqué sur les mâles et femelles entiers, tandis que le taux est de 5% pour les mâles castrés et 8% pour les femelles stérilisées, dans le cas d’une stérilisation précoce. 
      • 3 fois plus de lymphosarcomes ont été diagnostiqués chez les mâles castrés précocement que chez les mâles entiers. 
      • 4 fois plus de cas d’hémangiosarcome diagnostiqués chez les femelles stérilisées après 12 mois que chez les femelles entières ou les femelles stérilisées précocement. 
      • Aucun cas de mastocytes chez les femelles entières, alors que le taux est de 6% pour les femelles stérilisées tardivement. 
      • 2 fois plus de dysplasie de la hanche diagnostiquée chez les mâles castrés précocement (10% contre 5% chez les mâles entiers). 
  • Augmentation de la croissance : pour les chiennes stérilisées avant la fin de leur croissance (12 mois en moyenne), l’absence d’hormones sexuelles retarde l’ossification des cartilages de croissance. Les chiens sont donc parfois plus grands que le standard de la race le prévoit. 
  • Augmentation de la réactivité comportementale : la baisse de la progestérone (hormone stéroïdienne à l’effet apaisant sécrétée par les cellules du corps jaune des ovaires) alliée à l’augmentation de la production de cortisone (sécrétée par la glande surrénale) peuvent induire une augmentation de la réactivité des femelles stérilisées. D’autant plus si la femelle présentait déjà auparavant des signes d’agressivité avec ses congénères, et si la stérilisation a eu lieu avant les 11 mois de l’animal. Pour les chiennes plus âgées ne présentant pas de signes d’agressivité avant la stérilisation, celle-ci n’influerait pas sur le comportement.  
  • Modification de la qualité du poil : certains éleveurs ont observé une modification de la qualité du poil chez leurs animaux stérilisés. L’alimentation et d’autres facteurs (hormones, pathologies…) étant aussi à prendre en compte dans ce genre de constat. 

Âge idéal de la stérilisation

Comme vu plus haut, ceci est controversé, puisque la stérilisation s’accompagne d’effets positifs ou négatifs qui peuvent varier en fonction des individus, de leur âge et de leur raceLa plupart des vétérinaires conseillent de la faire pratiquer avant les premières chaleurs de la chienne, certains conseillent d’attendre la fin de la croissance, ou d’attendre que la chienne pèse 2/3 de son futur poids adulte. Aucun accord officiel n’est donc établi à ce jour. Un animal adopté en refuge sera stérilisé, tout comme pourra l’être un animal malade en fonction de sa pathologie. 

Les premières chaleurs de la chienne peuvent avoir lieu à 6 mois pour les petites races, entre 10 et 12 mois pour les races de taille moyenne à grandes, et à 18 mois pour les races géantes

Ainsi, en fonction du bon développement physiologique de la chienne, l’âge ne sera pas le seul facteur à prendre en compte. Par exemple, les conditions de détentions de la chienne (en extérieur ou en intérieur donc sous surveillance pendant les chaleurs) pourront influencer la décision. 

D’autre part, certaines races étant plus sujettes à certains troubles liés à la stérilisation, elle sera souvent déconseillée chez le Golden Retriever par exemple. Bien que les effets de la stérilisation n’aient pas été étudiés sur toutes les races, il est possible de dire que les petites races sont notamment épargnée par les problèmes articulaire liés à cet acte de chirurgie. 

Portrait chien blanc
Avantages et inconvénients de la stérilisation

Alternatives à la stérilisation

Au même titre que pour les mâles, des implants existent et permettent de réaliser une stérilisation chimique. Ceci n’est proposé que pour les chiennes ayant atteint leur maturité sexuelle. Elle est temporaire et est réalisée par injection sous la peau de la chienne d’un implant (comme pour la puce électronique d’identification) imprégné d’hormones contraceptives. Selon le modèle choisi, cet implant sera actif après 4 à 6 semaines, pour une durée d’efficacité allant de 6 à 12 mois, ou il sera actif après 3 à 4 mois, pour une efficacité allant de 12 à 24 mois. Ces deux types de stérilisation chimique se réalisent sans anesthésie et sont pratiquement indolores. 

Autre alternative possible : la pilule contraceptive pour la chienne, pour les personnes ne souhaitant pas stériliser leur animal. Néanmoins les importants effets indésirables sont à prendre en considération. Elle est de moins en moins prescrite par les vétérinaires et bien souvent fortement déconseillée

Enfin, une autre intervention est possible : la ligature des trompes. Ce n’est pas vraiment une alternative à la stérilisation, car les femelles continueront à avoir leurs cycles, et donc des chaleurs, mais ne pourront plus reproduire. Cette solution maintient le taux d’hormones (œstrogène et progestérone) à son niveau naturel. Cette opération n’est pas réversible, la chienne ne pourra jamais être gestante. Très peu de vétérinaires (aucun ?) ne la proposent, car hormis le fait que la chienne ne pourra jamais avoir de petits, tous les autres inconvénients des chaleurs persistent. 

Sources :

Un grand merci à mon vétérinaire pour la relecture de cet article, ses corrections quant aux procédures chirurgicales, ainsi que ses conseils et avis concernant les avantages et inconvénients de cette intervention. 

Avez-vous choisi de garder votre chienne entière ? Avez-vous préféré la faire stériliser ? Racontez-nous en commentaires. 😉 

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