La période d’imprégnation du chiot, qui se déroule de sa naissance à ses 16 semaines, passe par différentes phases d’apprentissage. Il découvre dans un premier temps son espèce, puis les autres espèces animales. Durant les premières semaines de sa vie, les découvertes qu’il fera seront donc essentielles aux fondations de son comportement futur ainsi qu’à son bien-être émotionnel. Découvrons les périodes d’apprentissage chez le chiot, semaine après semaine, et en quoi elles sont essentielles au développement comportemental et la sociabilisation du chiot

Développement comportemental du chiot et sociabilisation
Sociabilisation et développement comportemental du chiot. Image par Valter Cirillo de Pixabay

La gestation : période prénatale

Dès sa naissance, et même avant, le chiot démarre son apprentissage. Vous trouvez ça fou ? Pas tant que ça, quand on sait que les bébés humains réagissent à la voix de leur mère ou à la musique alors qu’ils sont encore bien au chaud dans le ventre. On parle alors de période prénatale, durant laquelle le chiot démarre ses tous premiers apprentissages.

Tandis que la grossesse chez l’humain dure environ 9 mois, la gestation de la chienne dure environ 9 semaines. Nous avons vu dans l’article précédent, imprégnation et sociabilisation du chiot, qu’une femelle en état de stress, craintive ou anxieuse pouvait transmettre son stress à ses chiots, qu’ils soient tout juste nés ou encore dans son ventre. Cela induisant plus tard des troubles du comportement chez le jeune chien, tel que le syndrome Hs-Ha par exemple.  

En effet, durant toute la gestation, les fœtus reçoivent des signaux sonores, dont ils percevront uniquement les vibrations, et des signaux biologiques, porteur des informations liées à leur génétique, à leur mère et à ce qu’elle perçoit de son environnement.  

Durant les 2 dernières semaines de la gestation, le fœtus commence ainsi à ressentir les mouvements tactiles qui ont lieu sur le ventre de sa mère, que cela soit des caresses ou lorsqu’elle se lèche le ventre. Il ressentira également ses émotions, c’est pourquoi il est très important que la chienne vive une gestation sereine, au calme d’un foyer attentif à son bien-être.

Ce qui est conseillé pour avoir des chiots sereins, moins réactifs aux fortes émotions et acceptant le contact facilement : 

  • Caresser la lice sur le ventre au cours de la gestation, chaque jour,

  • Proposer un environnement calme à la mère, sans stress. 

Gestation et premiers apprentissages du chiot
Même avant sa naissance, le chiot fait ses premiers apprentissage dans le ventre de sa mère. Image par fralla de Pixabay

De la naissance aux 15 premiers jours : période néonatale

A la naissance, et durant ses 15 premiers jours de vie, le chiot entre dans sa période néonatale. Il naît sourd et aveugle, et son système nerveux n’est pas encore totalement développé. Il ne peut pas encore se déplacer sauf en rampant, ni frissonner pour se réchauffer, ce qui explique pourquoi les chiots d’une même fratrie vont se regrouper « en tas », puis se coller les uns aux autres parallèlement dès qu’ils commencent à pouvoir bouger les pattes avant.

Leur mère leur est indispensable : elle nourrit ses petits, leur lèche le ventre afin de leur permettre d’évacuer leurs déjections (ils en sont incapables seuls à cet âge), puis elle va nettoyer son espace de repos et donc l’espace de vie de sa portée, en ingérant les excréments. 

Seuls certains réflexes apparaissent chez les chiots : 

  • Réflexe labial : fait de tendre la bouche et la langue quand on stimule cette zone, 
  • Réflexe de succion : fait de téter,
  • Réflexe de pétrissement : fait de pétrir avec les pattes le ventre de la mère en tétant,
  • Réflexe de déglutition,
  • Réflexe de fouissement : fait de mettre la tête dans les endroits les plus chauds que le chiot trouve, ce qui permet de maintenir son corps à une température indispensable à sa survie,
  • Réflexe de clignement : entre le 2ème et le 4ème jour, on peut voir le chiot qui cligne des yeux face à une lumière vive, même si le chiot a toujours les yeux fermés à cet âge là,
  • Réflexe périnéal : fait  de faire ses besoins quand la mère lui lèche le ventre,
  • Réflexe de détresse : il pousse un cri s’il s’éloigne du nid, la mère venant alors le chercher en le prenant en gueule.
  • Réflexe de soutien : apparaissant autour du 10ème jour, c’est le fait de pouvoir soulever son corps au niveau des pattes antérieures, puis entre le 11ème et 15ème jour pour les pattes postérieures.
  • Réflexe olfactif : le chiot dès sa naissance est capable de détecter les mamelles de sa mère à l’odeur. 

Le système nerveux se construit progressivement, grâce à la myélinisation des cellules nerveuses et de neurones. Dans certains élevages, vous pourrez donc constater que de la musique ou des sons sont diffusés dans la pièce de vie des chiots et de leur mère. Ces sons auront pour but d’apaiser la mère, mais aussi les petits, par les vibrations ressenties (le chiot étant sourd à cet âge). L’éleveur attentif permettra aussi aux bébés de découvrir diverses textures, en plaçant près d’eux différents objets, tissus, bâches, jouets pour chiots… Ceci afin de stimuler leurs sens. 

A la naissance, le chiot a des mouvements involontaires ou réflexes archaïques appelés réflexes du nouveau-né. Ils lui permettent de développer le réseau neurologique mais ont également des effets importants sur le bien-être général, la communication, les relations sociales, le comportement et l’apprentissage. Ces réflexes disparaissent avec le temps.  

Le développement psychomoteur du chiot se fait de la tête vers la queue, en passant par le museau, les pattes antérieures, le corps, les pattes postérieures. 

Ce qui est conseillé pour activer le développement du système nerveux et la maturation du cerveau :

  • Manipuler gentiment les chiots chaque jour : les toucher, les caresser, les retourner,
  • Les peser : afin de veiller à leur développement physique,
  • Les laisser dormir : les chiots grandissent en dormant, tout comme les bébés humains, car l’hormone de croissance est secrétée pendant le sommeil. 
Le chiot naît sourd et aveugle
De sa naissance à ses 15 jours, le chiot est dans sa période néonatale. Il est sourd et aveugle. Image pxhere.com licence CC0 Public Domain.

De 15 jours à 21 jours : période de transition

Nous l’avons dit, le chiot naît sourd et aveugle. Il commencera à ouvrir les yeux vers ses 2 semaines en moyenne (entre le 10ème et le 14ème jour de vie), et commencera à entendre entre le 14ème et le 21ème jour de sa vie. Il commence à pouvoir réguler sa température et son sens de l’équilibre apparaît, il peut donc commencer à se tenir debout et s’asseoir.  

Un nouveau réflexe apparaît : le réflexe de sursaut, le petit canidé bondissant aux nouveaux bruits entendus. Il est donc bon de continuer à diffuser des sons et poursuivre les stimulations tactiles pour le développement comportemental du chiot.

Ce qui est conseillé pour s’assurer du bon développement du chiot :

  • Tester sa vision : en passant une main devant ses yeux, ou en agitant un objet de couleur devant lui,
  • Tester son audition et le réflexe de sursaut : en claquant des mains près du chiot. Si le chiot ne réagit pas ou retombe sur le côté en se mettant à trembler, il faudra solliciter une consultation vétérinaire.
  • Tester la disparition des réflexes du nouveau-né
chiot période transition acquiert le sens de l'équilibre
Entre son 15ème et son 21ème jour, le chiot, dans sa période de transition, acquiert le sens de l'équilibre et peut s'asseoir et se tenir debout. Image pxfuel.com licence Creative Commons Zero - CC0.

Période de sociabilisation et de familiarisation

Indispensable pour le bon développement comportemental du chiot, cette
période cruciale, qui dure de l’âge de 21 jours à 12 semaines, permet au chiot de faire divers apprentissages et d’acquérir des comportements et des codes de communication canine essentiels à son développement et à sa vie d’adulte. 

Chaque semaine, le développement psychomoteur du chiot s’améliore, et avec lui les nouvelles expériences et les nouveaux apprentissages. 

3ème semaine de vie du chiot : les débuts de la communication

La troisième semaine de vie du chiot marque le début des grognements, prémices d’aboiements et jappements, ainsi que l’exploration du territoire. Le chiot démarre donc l’apprentissage de la communication et des codes canins, auprès de son groupe social : ses frères et sœurs et sa mère. 

Il commence à « partir à l’aventure » dans un périmètre toutefois restreint, la mère le ramenant auprès d’elle en le prenant délicatement par la peau du cou. Le chiot doit donc vivre avec des chiens car il apprend qu’il fait partie de l’espèce « chien ». 

4ème semaine de vie : début de l'identification de l'environnement

A cet âge, le chiot ne doit surtout pas être séparé de sa mère ou de ses frères et sœurs, car à ce stade les apprentissages sont primordiaux au bon déroulement de sa vie d’adulte. En effet, durant ce laps de temps, il commence à faire l’acquisition des autocontrôles, dont l’inhibition de la morsure : 

  • Dans le jeu avec ses frères et sœurs, il apprend à relâcher sa mâchoire lorsque celui qu’il mord(ille avec ses petites dents pointues toutes neuves) pousse des cris.
  • Lorsque lui-même se fait corriger par sa mère, il apprend la posture de soumission et à pousser des cris plaintifs. En effet, en cas de mauvais comportement, sa mère va le saisir, grogner, le regarder fixement, et le mettre au sol. 

Il apprend également les comportements de jeux, avec les codes canins qui vont avec, ainsi que la hiérarchie intraspécifique (entre animaux d’une même espèce), grâce à sa mère ou un autre adulte (un chien régulateur, bien dans ses pattes) qui va corriger ses mauvaises actions. A ce stade, il est donc important que le chiot soit mis en présence avec des chiens « profs », surtout si sa mère n’est pas suffisamment maternelle et qu’elle a tendance à délaisser sa portée ou ne pas l’éduquer.

Cette période est une phase d’apprentissages charnière pour les petits, sans laquelle ils pourraient développer des troubles du comportement en grandissant :

  • hyper-attachement,
  • problème de compréhension des codes canins,
  • méconnaissance de l’inhibition de la morsure,
  • incompréhension des postures de soumission. 

Avec pour conséquence des soucis d’agressions sur les congénères (avec des résultats pouvant être dramatique s’il s’agit d’un chien de grande race vis-à-vis d’une petite race). Cette quatrième semaine de vie est donc essentielle à sa sociabilisation.

A Comparison of the Sensory Development of Wolves and Dogs, l’étude menée par la biologiste Kathryn Lord, démontre qu’entre la 4ème et la 8ème semaine de vie du chiot, il ne faut que 90 minutes pour établir une relation sociale durable et saine entre l’homme et le chien, ainsi qu’entre d’autres espèces animales voire des objets ou situations de la vie quotidienne (voitures, motos, aspirateur, vélos, trotinette, etc…).

Les conditions d’élevage et le rôle de l’éleveur sont donc cruciaux quant au bon développement comportemental du chiot.

Ce qui est conseillé : 

  • Laisser la mère intervenir : c’est elle qui est déterminante pour la sociabilisation. Elle va enseigner les premiers codes canins, permettre ou non l’exploration du territoire dans un certain périmètre, gérer les premières séquences de jeux dans la fratrie. L’homme n’aura jamais autant d’impact que les signaux de la mère, c’est pourquoi il est fortement déconseillé de saisir le chiot par la peau du cou et le secouer sous prétexte que c’est ainsi que fait la femelle, car nos codes seront forcément erronés par rapport aux siens.
  • Faire intervenir un adulte régulateur : si la mère n’est pas assez maternelle, la présence d’un chien régulateur est indispensable pour le développement comportemental du chiot.
  • La présence d’autres chiens est également fortement conseillée pour l’apprentissage des codes canins par le chiot, l’inhibition de la morsure, les comportements sociaux, l’évitement des conflits, etc. C’est ainsi que le jeune canidé sera à même de développer des comportements et codes sociaux adéquat vis-à-vis de l’homme, indispensables à une bonne communication interspécifique.
  • Proposer un endroit adéquat pour que le chiot puisse éliminer ses déjections : bac à sable, sciure ou copeaux de bois… Cet endroit doit être séparé du lieu de nourrissage et du lieu de couchage d’environ 50cm à cet âge, puis à 1 mètre la 7ème semaine de vie du chiot.
La période de sociabilisation et familiarisation dès la 3ème semaine de vie du chiot
A 3 semaines, le chiot entre dans sa période de familiarisation et de sociabilisation. Il est important de lui faire vivre de multiples expériences positives. Image par klausschmadalla de Pixabay

Dans le prochain article, nous verrons la suite des apprentissages réalisés par le chiot, de sa 5ème à sa 8ème semaine de vie

Avez-vous choisi l’éleveur de votre chien en lui posant mille et une questions sur son imprégnation et sa sociabilisation ? Racontez-nous en commentaires. 😉 

Sources :

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Passionnée par les voyages accompagnée de ses chiens, Maorie est aussi coach en comportement animalier, spécialisée dans les troubles et thérapies comportementales en méthode positive. Fondatrice de dogbnb.fr, elle y propose des articles et conseils sur la santé, l’alimentation, l’éducation positive, les soins au naturel, le clicker training, les sports canins et bien sûr les voyages avec un chien. Dans un souhait de transmettre sa passion pour les chiens et ses connaissances sur le terrain, elle anime également un groupe Facebook dont la belle communauté partage également ses voyages et son amour des chiens au quotidien.

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