Mon chiot n'est pas vacciné donc pas de balades pour lui. Fausse croyance numéro 9.

Souvent, on peut entendre de la part des vétérinaires qu’il ne faut pas sortir son chiot avant qu’il n’ait tous ses vaccins, voir même ne surtout pas lui faire rencontrer d’autres chiens. Bien que cette rengaine tende à être de plus en plus relativisée, certaines personnes peuvent choisir de garder leur chiot enfermé jusqu’à ce que tout le protocole de vaccination soit terminé. Entre le risque de maladie et les risques liés à un manque de contact avec l’extérieur, faisons la part des choses. 

chiot couché sur un morceau de liège
Imprégnation du chiot, une étape importante. Ici mon chiot à l'âge de 2 mois.

Les risques de maladies pour un chiot non vacciné

Un chiot est en principe adoptable dès l’âge de 8 semaines. A ce stade, l’éleveur lui aura fait faire sa primo-vaccination (obligatoire pour pouvoir vendre un chiot). Le rappel de vaccination aura lieu un mois plus tard, en même temps que celui de la rage si vous comptez aller dans d’autres pays avec votre chien. 

Le calendrier de vaccination pour les chiens :

  • A  l’âge de 2 mois : Primo-vaccination : CHPPiL (Carré, Hépatite, Parvovirose, ParaInfluenza, Leptospirose)
  • A l’âge de 3 mois : rappel de vaccination CHPPiL + premier vaccin Rage (R) 
  • A l’âge de 1 an : rappel de vaccination CHPPiL+R
  • Puis tous les ans : rappel CHPPiL+R

A noter : aujourd’hui il existe certains laboratoires proposant des vaccins à la « durée de vie » plus longue. Ainsi le rappel n’est plus à faire chaque année, mais tous les 3 ans, hormis pour la Leptospirose (L) qui reste un vaccin à renouveler chaque année. 

les maladies mortelles chez le chiot pour lesquelles les vétérinaires mettent en garde :

  • La maladie de Carré : le virus se transmet dans des endroits présentant une grosse concentration de chiens, par exemple un refuge ou un élevage. Cette maladie se déclare plutôt en automne ou en hiver et est très contagieuse car elle se propage par les sécrétions mais aussi par voies respiratoires. 
  • L’Hépatite de Rubarth : peu répandue, c’est une maladie fatale pour le chiot, transmise par contact avec un chien malade et par l’urine. Les parasites externes tels que les puces ou les poux ont aussi été incriminés dans la transmission de la maladie. 
  • La Parvovirose : le virus se rencontre également dans des endroits à forte concentration de chiens. Plus rare, le parvovirus peut toucher les chiens ou les chiots pour lesquels il est souvent fatal. Il se transmet par voie orale par l’intermédiaire des selles d’un animal, mais aussi par voie respiratoire. Le germe étant très résistant,  la transmission peut se faire soit par contact direct, soit par contact avec un élément souillé comme par exemple des chaussures. 
  • La Leptospirose : provoquée par une bactérie spirochète du genre leptospira, cette maladie est souvent rencontrée en milieu humide, de préférence stagnant (mare, égouts) et peut être transmise par l’urine, le sang, la morsure de rongeur ou l’ingestion d’un rongeur. En effet les rongeurs constituent un réservoir de bactéries sans extérioriser la maladie. Les bactéries se retrouvent donc dans leurs urines, le chien peut donc se contaminer par voie orale en buvant l’eau d’une mare, ou par voie cutanée par l’intermédiaire d’une blessure. 

Comme vous le voyez, le risque pour un chiot d’attraper l’une de ses maladies est plutôt soumis à de nombreuses conditions, même s’il n’est pas à prendre à la légère, le risque zéro n’existant pas. Ainsi, certaines précautions s’imposent, mais n’empêchent en aucun cas de sortir son chiot. 

Les précautions à prendre :

  • Eviter de laisser son chiot renifler des déjections : l’emmener de préférence dans des endroits « propres ». 
  • Ne pas le laisser boire dans les eaux stagnantes : prévoir de l’eau sur soi surtout en cas de fortes chaleurs. 
  • Le présenter à des chiens vaccinés (et surtout très cool avec les chiots, nous y reviendrons)
  • Eviter les lieux à fortes concentration canine : canisites, refuges, élevages… 
  • Protéger son chiot des puces et poux grâce à des antiparasitaires naturels adaptés à son âge et à son poids. 
chiot dans la neige renifle un arrosoir
Imprégnation du chiot, une étape importante. Ici mon chiot découvre la neige et l'arrosoir, ce drôle de truc.

Les autres risques inhérents au fait de garder son chiot enfermé

En choisissant de garder son chiot enfermé sous la simple excuse qu’il na pas tous ses vaccins, on s’expose à d’autres risques, qui peuvent être plus importants dans la vie du chien. Un chiot, c’est comme une éponge jusqu’à l’âge de 16 semaines. Hors, en l’adoptant à 8 semaines, cette fenêtre d’ouverture et d’acceptation au monde va rapidement défiler. Les 8 premières semaines d’adoption seront donc essentielles pour faire découvrir un maximum de choses à votre chiot, afin qu’il soit bien dans ses coussinets. Au-delà, imprégnation et sociabilisation seront encore possible, mais « l’éponge » sera moins souple et absorbera moins vite les nouveautés. Sans compter qu’entre temps, certaines craintes auront déjà pu s’installer. 

Garder son chiot enfermé ce laps de temps, c’est donc prendre le risque d’une mauvaise sociabilisation avec les congénères, les autres animaux, et les humains, et d’une imprégnation très faible voir inexistante au monde extérieur, ses bruits, ses odeurs, ses objets, ses situations. Ce qui peut rapidement donner lieu à des problèmes de comportement qu’il faudra alors résoudre avec un éducateur canin. 

Mais sociabiliser et imprégner un chiot, qu’est ce que ça veut dire ? 

 

chiot couché sur une bâche
Imprégnation et sociabilisation du chiot, des étapes essentielles. Ici mon chiot couché sur une bâche.

Imprégnation et sociabilisation du chiot

Sociabiliser un chiot, c’est lui faire rencontrer des individus variés, tout en en faisant une expérience positive pour lui. En effet, la socialisation, ce n’est pas faire que le chien ait tout rencontré, la socialisation est faire en sorte que tout ce qu’il rencontrera sera vécu comme une expérience positive

Imprégner un chiot, c’est lui montrer des situations variées, lui faire sentir plein d’odeurs, l’emmener dans des environnements différents, lui faire entendre toute une panachée de sons… En bref, le faire « baigner » dans tout ce qu’il sera susceptible de connaître au cours de sa vie. Et, encore une fois, faire en sorte que tout cela soit vécu de façon positive, afin que votre chien développe un comportement équilibré, confiant et serein.

Sociabilisation du chiot :

La sociabilisation est une étape très importante dès le plus jeune âge du chiot, qui lui servira toute sa vie durant. Un chien peu sociabilisé pourra en effet présenter des peurs injustifiées, ce qui peut donner lieu à des problèmes de comportement par la suite (peurs, agressivité, animal fuyant…). Simplement par inadvertance de la part de son gardien humain, ou par méconnaissance des atouts d’une bonne sociabilisation. En effet, un chien bien sociabilisé se sentira bien dans ses coussinets, et toutes les personnes et animaux rencontrés seront à leur tour associés comme quelque chose de positif. Sociabiliser un chiot ou un chien c’est donc le rendre zen devant chaque personne, chaque animal, chaque situation qu’il rencontrera au cours de sa vie. 

Exemples d’individus à lui faire rencontrer : 

  • Les bébés : en couffin, en poussette, dans les bras, debout…
  • Les enfants : du plus jeune au plus grand, du plus turbulent au plus cool, 
  • Les adultes : grands, petits, fins, trapus, aux couleurs de peaux différentes, avec ou sans barbe, avec ou sans lunettes, avec un chapeau, des gants, un casque… 
  • Les femmes enceintes
  • Les personnes avec une canne, un déambulateur
  • Les personnes à mobilité réduite en fauteuil roulant
  • Les personnes porteuses de handicap
  • Les professionnels portant un uniforme : pompiers, policiers, gendarmes, éboueurs, facteurs… 
  • Les autres animaux : vaches, chevaux, chats, animaux de la ferme… 
  • Les autres races de chiens
Il est en effet important que votre chiot connaisse plusieurs chiens de types et morphologies différents, car même s’il connaît déjà plusieurs chiens, cela ne veut pas dire qu’il les considère tous comme des canidés. Chaque nouvel animal rencontré (chien ou autre) sera considéré comme une nouvelle espèce animale. Pour donner un exemple, admettons qu’un petit chiot blanc ne connaisse que sa fratrie et sa mère. Pour lui, les petits chiens blancs seront considérés comme « normaux ». Hors, s’il croise un grand chien noir (ou même un petit chien noir), celui-ci sera à ses yeux une autre espèce animale, il ne le considérera pas comme un chien au premier abord. L’inconnu pouvant être effrayant, on comprend alors pourquoi il est important de présenter différentes races de chiens à son chiot

De plus, certaines races de chiens ont des codes canins assez différents de leurs congénères, de part leur morphologie. Par exemple les races brachycéphales (au museau écrasé) comme : les Carlins, les Sharpei avec leur peau toute plissée où on ne voit pas leurs yeux, les Bouledogues Français et Anglais, qui sont des races « bruyantes » par leur façon de respirer, ou encore les chiens à poils longs comme les Lhassa Apso, les Chow-Chow qui masquent leurs yeux et leurs expressions. 
 
Petite précision importante : lorsque vous présentez un chiot à un autre chien, assurez vous de connaître ce chien au préalable, afin d’être certains qu’il sache interagir avec un chiot. Il est très (très) important que votre chiot n’ait QUE des bonnes expériences avec les autres chiens durant les 16 premières semaines de sa vie. Et par la suite aussi bien sûr, dans la mesure du possible. Mieux vaut privilégier la rencontre avec quelques chiens ayants une parfaite connaissance et maîtrise des codes canins, en bref de bons profs en communication canine, que des dizaines de chiens qui ne respectent ou ne connaissent pas ces codes. 
chiot découvre une personne avec une canne et un gros chien
Imprégnation et sociabilisation du chiot, des étapes essentielles. Ici mon chiot rencontre une copine bien plus grosse et une dame avec une canne.

Imprégnation du chiot :

Certaines choses, méconnues du chien, peuvent devenir sources de peurs et donner lieu à un réflexe d’agression. En effet, tout ce que le chien n’aura pas rencontré dans sa vie de chiot deviendra alors, à l’âge adulte, cette chose inconnue qu’il qualifiera alors de dangereuse. Aussi, même si vous adoptez un chien adulte, il sera important de le « remettre dans le bain » de toutes les situations qu’il pourra rencontrer au cours de sa vie, et les rendre agréables et positives à ses yeux. On ne le dira jamais assez ! 

Dans notre société, tout doit donc apparaître comme « normal » pour le chien. Car hormis en cas d’invasion extra-terrestre, tout ce qu’il croisera fait partie de notre quotidien d’humains. A nous de lui montrer que ces situations n’ont rien d’exceptionnel, et qu’il peut nous faire confiance car cela est totalement normal. 

(Petite parenthèse : rassurer un chiot alors qu’il a peur de quelque chose ne fera que renforcer cette peur, en lui accordant du crédit. Tandis que l’ignorer lui fera se demander pourquoi on ne réagit pas. Si son gardien ne réagit pas, c’est que tout est normal, donc aucune raison d’avoir peur. Vous me suivez ?)

Exemples de types de situations pour une bonne imprégnation du chiot : 

  • Odeurs variées : en ville, en forêt, en campagne, les odeurs ne sont pas les mêmes. Parfums chimiques ou parfums de fleurs, épines de pin ou bouse de vaches, chiens des villes et rats des champs… Autant d’odeurs dont votre chien se régalera. 
  • Environnements différents : gares, marchés, campagne, ville, forêt, aérodrome, plages… 
  • Sons : feux d’artifice, orage, pétard, casseroles qui s’entrechoquent, voitures, motos, camions… Vous pouvez compiler tout ces sons sur un CD et lui faire écouter chez vous, dans un environnement qu’il connait bien, avec le volume de plus en plus fort, avant de le mettre en situation (notamment pour les feux d’artifice, les orages, et les pétards. Pour ces sons là, il est tout de même fortement recommandé de garder le chien enfermé chez vous si des festivités ont lieu dans votre ville, ou si l’orage gronde). 
  • Surfaces : pont de bois, cailloux, bâche plastique, escaliers métalliques, plaques d’égout… Autant de surfaces différentes sur lesquelles poser ses coussinets. 
Autres exemples de situations auxquelles l’habituer : 
  • Mettre les mains dans sa gamelle, lui reprendre un os ou un jouet : si un enfant s’y risque un jour, les mauvaises réactions potentielles seront limitées, 
  • Manipuler son chiot très souvent : pratique chez le vétérinaire, s’il se fait marcher un jour sur la patte, ou si un enfant lui tire la queue, etc… 
  • Inviter des amis chez vous ou allez chez eux avec votre chiot : le bruit, les rires, l’environnement sera différent pour votre chiot. 
  • Restaurant, voiture, train, vélo : faites lui découvrir le monde ! 
Chien adulte et chiot en voiture
Imprégnation et sociabilisation du chiot, des étapes essentielles. Ici mon chiot en voiture avec son frère.

Comme vous avez pu le constater, le risque pour un chiot d’attraper une maladie parce qu’il sort avant la fin du protocole de vaccination est plus faible que de présenter des troubles du comportement s’il est mal sociabilisé et imprégné. A condition bien sûr de prendre certaines précautions, que cela soit pour les lieux de sorties, ou pour le choix des congénères canins qui vont le rencontrer. 

Comment se sont passées les premières semaines de vie de votre chien ? Les expériences furent-elles belles ? Racontez-nous en commentaires ! 😉 

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