Ces insectes sont sans doute l’un des plus grands dangers pour nos animaux durant la saison du printemps. Très urticantes, elles défilent en longues processions, essentiellement de mars à avril. Leurs poils, volatiles, peuvent également être néfastes chez l’humain. Découvrons le danger des chenilles processionnaires du pin pour le chien. 

Chenilles processionnaires du pin : danger pour les animaux
Les chenilles processionnaires du pin : danger pour nos chiens et nous. Image Pixabay.

Chenilles processionnaires : qu'est-ce que c'est

Larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa, la chenille processionnaire du pin, malgré son apparence duveteuse, peut se révéler extrêmement dangereuse pour les animaux comme pour l’homme

Brunes avec des tâches orangées, ces chenilles sont recouvertes de poils dont une fine poussière urticante se détache depuis les plaques de leur dos et de leur partie postérieure.

Pour la comprendre, voici son cycle de reproduction : 

  1. Les papillons éclosent durant l’été, sortant de terre de juin à septembre selon les régions. Ils s’accouplent, puis les mâles s’envolent jusqu’à parfois 50 km. Leur durée de vie est de un à deux jours. Ils sont gris, avec des motifs noirs et des tâches blanches.

  2. Les femelles choisissent un arbre dans les environs, jusqu’à 3 à 4 km. Leur choix se portera vers un pin (laricio de Corse, pin de Monterey, pin maritime, pin sylvestre, pin noir d’Autriche, pin d’Alep) ou un cèdre, pour pondre leurs 70 à 300 œufs. Elles les déposent en rangées parallèles, par lots de 150 à 320 œufs, ce qui forme un manchon gris argenté plein d’écailles, d’une longueur allant de 2 à 5 centimètres, sur les rameaux ou les aiguilles de pin. Puis les femelles meurent à leur tour.

  3. Environ 30 à 45 jours après la ponte, les larves éclosent. Elles se nourrissent des aiguilles de pin, reliées entre elles par un fil de soie.

  4. Les chenilles vont alors muer 3 fois avant l’hiver. Elles changent de couleur, et se couvrent progressivement de poils, jusqu’à 1 million !

  5. En automne, les jeunes chenilles passent la journée dans un nid de soie qu’elles auront tissé sur la branche d’un pin ou d’un cèdre, orienté au Sud pour profiter de la chaleur des rayons du soleil.  Elles commencent alors à manger le limbe des aiguilles de pin, en sortant de leur abri la nuit, en procession, tout en suivant un fil de soie qui leur permettra de retrouver leur chemin pour rentrer au nid. Les colonies sont impressionnantes car elles vivent parmi plusieurs centaines d’individus.

  6. Au printemps, les chenilles descendent de l’arbre en file indienne, avec à leur tête une femelle. Ce phénomène est appelé « procession de nymphose ». Elles peuvent parcourir jusqu’à 40 mètres, sur plusieurs jours, puis s’arrêtent dans un endroit très ensoleillé pour s’enfouir dans le sol entre 5 et 20 cm de la surface. 

  7. Après 2 semaines, chaque chenille tisse ensuite son propre cocon, toujours dans le sol, se transformant en chrysalide. Elles resteront sous cette forme durant plusieurs mois, voire plusieurs années, selon la région.

  8. Toujours sous terre, la chrysalide devient alors papillon. Un soir d’été, en sortant de terre, le mâle s’accouple à  la femelle, qui s’envole alors pour pondre 70 à 300 œufs… 

Cycle de vie chenilles processionnaires
Si le papillon de la chenille processionnaire ne vit que 1 à 2 jours, les larves elles grandissent et restent enfouies bien plus longtemps. Image Pixabay.

Le rôle des chenilles processionnaires dans la biodiversité

Les chenilles processionnaires font en réalité plus de dégâts qu’elles ne font de bien à l’environnement. Elles sont d’ailleurs sous haute surveillance dans certains départements.

Comme elles s’attaquent aux arbres, notamment les pins et les cèdres, elles peuvent causer une défoliation. Les risques sont cependant variables, car cela n’entraîne pas forcément la mortalité de l’arbre, même si cela peut diminuer leur croissance et leur productivité.

En montagne, les versants Sud seront uniquement touchés. Dans les zones de plaine, ce sont les lisières, orientées, sud/sud-ouest qui seront touchées. Les arbres profitant de bonnes conditions de croissance reprennent de leur superbe en quelques années, et peuvent donc supporter l’attaque des chenilles processionnaires.

En revanche, les arbres affaiblis par le climat ou des zones de fortes activités, peuvent devenir moins résistants et de rares cas de mortalité sont tout de même observés. Le souci est donc essentiellement esthétique pour les particuliers, mais plus économique pour les forestiers.

Là où le bât blesse vraiment, c’est quand on se penche sur la dangerosité de cette chenille au contact de l’homme ou des animaux. 

Biodiversité et chenilles processionnaires
Rôle de la chenille processionnaire : plus destructeur que bénéfique. Image Pixabay.

Dangerosité de la chenille processionnaire sur l'homme

Urticante pour les animaux, la chenille processionnaire du pin représente également un danger pour l’homme. En effet, le contact direct avec la chenille  n’est pas nécessaire pour causer des réactions allergisantes sur la peau. 

La chenille, quand elle se sent menacée, libère alors dans l’air ses poils urticants, qui contiennent de la thaumétopoéine. Cette substance, si elle entre en contact avec la peau, les yeux, le système digestif ou respiratoire, peut causer de graves problèmes à l’humain :

  • Réactions cutanées (plaques rouges) provoquant de très fortes démangeaisons. Phénomène observé sur les parties de peau découvertes mais également sur le reste du corps, car les poils urticants se déplacent facilement par la sueur, le grattage, ou les vêtements.
  • Conjonctivite (yeux douloureux, rouges, larmoyants),
  • Éternuements, maux de gorge, difficulté à déglutir, difficultés respiratoires,
  • Inflammation des muqueuses de la bouche, des intestins, hypersalivation, vomissements, douleurs abdominales.
  • Choc anaphylactique
  • Œdèmes de Quincke

Une personne ayant des contacts à plusieurs reprises avec la chenille processionnaire ou ses poils urticants aura des réactions de plus en plus intenses à chaque contact. 

Attention particulièrement aux enfants, afin qu’ils ne touchent pas les chenilles en procession au sol, ni ne jouent avec les nids ou soient à proximité en cas de vent. Les effets peuvent être très virulents, et la consultation avec un médecin est toujours préférable dès l’apparition des symptômes

Réactions allergiques des chenilles processionnaires chez l'homme
Les réactions cutanées chez l'homme sont violentes et démangent énormément, mais cela peut aller jusqu'au choc anaphylactique ou à l’œdème de Quincke. Image Pixabay.

Dangerosité de la chenille processionnaire sur le chien

Encore plus violentes que chez l’homme, les réactions à la chenille processionnaire chez les animaux peuvent se révéler rapidement dramatique

En effet, un chien, un chat, ou un cheval qui viendrait à renifler une chenille au sol, toucher un reste de nid, ou lécher les poils urticants, s’expose à un risque allergique violent

Les poils peuvent en effet facilement s’installer partout dans le corps de l’animal, en pénétrant par la peau, les canaux respiratoires, les muqueuses et les yeux.

Les symptômes sont flagrants :

  • Cris plaintifs, 
  • Bave excessive, 
  • Léchage des zones douloureuses, 
  • Langue qui gonfle et devient dure, 
  • Yeux qui coulent et qui gonflent, 
  • Difficultés respiratoires,
  • L’animal frotte sa gueule au sol pour essayer de faire cesser la douleur. 

Le vétérinaire, consulté rapidement, procédera à l’injection d’anti-inflammatoires et histaminiques puissants, ajoutant parfois un traitement antibiotique et des perfusions.

Mais, sans l’intervention rapide du vétérinaire, la langue peut virer rapidement au violet, noir, commençant à nécroser. Une partie de la langue peut tomber, ou devra être retirée lors d’une intervention chirurgicale.

Les yeux peuvent aussi être atteints, si les poils urticants en volant viennent s’y déposer. Des chiens ont ainsi perdu un œil.

Il est donc extrêmement important d’être vigilant lors des périodes à risque, et d’éviter de laisser son chien enfouir son nez dans la terre, ou se rapprocher d’une colonie de chenilles processionnaires. 

Danger pour les animaux des chenilles processionnaires
Très urticantes, les chenilles processionnaires sont extrêmement dangereuses pour nos animaux, en particulier nos chiens. Image Pixabay.

Comment lutter contre les chenilles processionnaires

Dans les départements les plus à risques, les mairies ou les préfectures prennent des décrets pour lutter contre la prolifération des chenilles processionnaires

Pour nos animaux, comme pour nous, nous pouvons appliquer le principe de précaution :

  • En évitant les balades en forêt au printemps, 
  • En étant capables d’identifier les nids pour s’en éloigner, 
  • En informant les services communaux ou les professionnels de la présence de nids afin qu’ils puissent agir en disposant des pièges ou en les brûlant, 
  • En évitant de tondre les pelouses sous les végétaux infestés par les chenilles processionnaires,
  • En posant des pièges autour des arbres touchés
  • En faisant appel à des professionnels

Les professionnels peuvent lutter contre ces insectes par divers moyens :

  • Pose de pièges autour des troncs des arbres attaqués,
  • Usage de produits insecticides,
  • Soins biologiques à base de thuringiensis,
  • Formule mécanique : brûlage des nids, coupe de branches des arbres. 

Implantation géographique des chenilles processionnaires en France

Les départements les plus touchés par la chenille processionnaire sont ceux les plus chauds, et ceux où la présence de pins et de cèdres est la plus importante. Voici une représentation par l’INRA Orléans : 

Implantation géographique chenilles processionnaires
Implantation géographique chenilles processionnaires en France. Source INRA Orléans.

Les dangers des chenilles processionnaires du pin ne sont donc pas à prendre à la légère, ni pour nos animaux ni pour nous-même. Nous espérons que votre chien n’aura jamais affaire à elles. Si toutefois c’était le cas, n’hésitez pas à apporter votre témoignage en commentaires sous cet article, ou à nous rejoindre sur notre groupe Facebook pour échanger avec les membres. 

Sources :

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Passionnée par les voyages accompagnée de ses chiens, Maorie est aussi coach en comportement animalier, spécialisée dans les troubles et thérapies comportementales en méthode positive. Fondatrice de dogbnb.fr, elle y propose des articles et conseils sur la santé, l’alimentation, l’éducation positive, les soins au naturel, le clicker training, les sports canins et bien sûr les voyages avec un chien. Dans un souhait de transmettre sa passion pour les chiens et ses connaissances sur le terrain, elle anime également un groupe Facebook dont la belle communauté partage également ses voyages et son amour des chiens au quotidien.

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